mais piquez moi si...
Hier c'était une de ces journées qui commencent par un immense moment de solitude, et se termine les traits fatigués par une satisfaction....J'étais donc prévue hier sur la réa poly où l'équipe jeune et dynamique me donne envie de travailler avec eux. Ces équipes sont rares en poly...Hier donc à l'arrivé on m'annonce que N est malade, et ne viendra pas, qu'on devait être 3 infirmiers au lieu de 4 (difficile de trouver des infirmiers même interimaires en été...) et que la deuxième infirmière est une vacataire jamais venue sur la réa............Aie............Je me retrouve donc "l'ancienne" du service, et le temps que je realise on se retrouve tous à 7h40 les bras qui pendouillent, un silence pesant et inhabituel. Et là une étincelle dans mon cerveau, je veux passer le concours des cadres, et bien voilà une occasion idéale de voir ce dont je suis capable et progressivement je prends la journée comme un cas concret, et brise donc ce silence. je télephone dans le service où est la surveillante de garde pour prevenir du soucis et qu'elle appel dès son arrivée, viens retrouver les autres et leur dit "je ne sais pas comment va se passer la journée, mais on a pas de temps à perdre, la major de garde est prévenue, on va tous faire nos soins et on fait le point dans 2 heures". Les 2 paramètres que j'avais omis de vous dire sont : aucune de nous 2 pouvant pratiquer une dialyse (trop frais dans ma tête, et elle ne connaissant pas la machine...), 3 dialyses potentielles, et la vacataire "M" menaçant de partir dans des conditions pareilles.........Le coup de télephone de la major se faisant attendre, M prend l'initiative de téléphoner à la directrice des soins infirmiers, sans réponse, ne se démonte pas, et telephone au chef d'établissement, dans la minute qui suit la DSI est chez nous.....Pour éviter une vulgarité inutile sur blog je vais donner les mots clefs de son discours "anormale.......bla....bla..........mon possible......mais.......je comprends........le 14 juillet, 4 lits de fermés......bla....bla..............." et arrive le moment où on parle de l'aspect dangereux, et de nos responsabilités pénales....et là elle dit prendre l'entière responsabilité.................Et là je lui réponds du tac au tac "parfait, écrivez, datez, signez"....et là elle ne s'attendait pas à ça, refuse pretextant que ça n'a pas de valeur juridique, je lui demande alors de ne pas avancer ce genre d'arguments qu'on est pas des gamines, qu'on parle de vies et de diplomes....Là je sens d'un coup qu'on ne sera pas copines.....Donc après son long pipo, on a pas de temps à perdre, et je lui demande concrètement ce qu'on peut esperer et qu'elle geste "commerçial" elle va avoir pour qu'on aille pas bruler son bureau avant de rentrer chez nous...."Bla...bla....bla...je vais essayer..." Et là je lui dis madame avec des situations comme celle là, on essaye pas on reussi.....Elle nous annonce que le planning est complet jusqu'en septembre, je lui dis tout aussi naturellement que je ne vivrai pas 2 fois la journée qui m'attend et que si je dois annuler le reste de mon planning de juillet je le ferai, sur ce elle me réponds "aucun soucis je fermerai d'autres lits"....C'est sans compter sur le caractère, qui n'est plus à démontrer, des réanimateurs ma petite dame....J'essaye donc de lui arracher des heures de repos pour les aides soignants, épuisés, l'autre infirmière aura 25%, et moi je coute déjà trop cher donc....Elle me regarde de plus en plus avec mépris, et moi j'ai de plus en plus envie de lui fendre le crâne....Dès que j'ai 3 minutes j'appel ma directrice d'agence, qui me dit que la DSI est désespérée, pratiquement en larme, je lui explique que c'est une vipère, qui s'en fou, et nous a fait un recital de pipo pendant 15 minutes....Je lui demande de passer au dessus pour prevenir de la dangerosité de la situation, de l'épuisement des soignants en poste, ce qu'elle fait, en expliquant que ce n'est pas dans mes habitudes de me plaindre et de menacer de faire sauter mes missions....La journée se passe en commun accord les consignes que je donne sont "pas de pansement sauf s'il est sale, ne pas perdre de temps", résultat à 18h45, on peut se poser dans un fauteuil et attendre 30 mn la relève....On est fier de nous !!! c'est justement ce soir là où un coktail est organisé devant la réa, j'y croise la surveillante de garde, ancienne surveillante de la réa qui me dit que j'ai les traits moins tirés que tout à l'heure, on parle, je lui dis que j'adore travailler avec cette équipe et qu'ils vont perdre les derniers soignants de qualité qui sont là....Je persiste à lui demander du temps de repos supplémentaire....Elle accepte....Et elle a une vrai parole....